L’ARCHITECTURE RELIGIEUSE A L’EPOQUE MEROVINGIENNE
Jean-Roch Masson
Exposé d’histoire Médiévale
1997
L’ARCHITECTURE RELIGIEUSE A L’EPOQUE MEROVINGIENNE
Bibliographie :
FOURNIER Gabriel, Les Mérovingiens, PUF 1983 (QSJ 1238)
HUBERT Jean, L’Art pré-roman, 1938
VIEILLARD-TROIEKOUROFF May, Les monuments religieux de la Gaule d’après les oeuvres de Grégoire de Tours (1976)
MOREUX Jean-Charles, Histoire de l’Architecture, PUF (QSJ 18)
CHELINI Jean, Histoire religieuse de l’Occident médiéval, Colin
DEMIANS D’ARCHIMBAUD G., Histoire artistique de l’Occident médiéval, Colin
GRABAR André, L’âge d’or de Justinien
BOUSSARD Jacques, Atlas historique et culturel de la France
Plan :
-INTRODUCTION-
A. LES CADRES DE L’EGLISE
1) diocèses et paroisses
2) les sanctuaires
3) les églises monastiques
4) la décoration
B. CARACTERISTIQUES ARCHITECTURALES
1) les églises épiscopales
2) les baptistères
3) les cryptes
C. DESCRIPTION DE QUELQUES SITES
1) Jouarre 2) Auxerre 3) Tours
-CONCLUSION-
INTRODUCTION :
A l’époque mérovingienne, les Arts sont en pleine décadence. l’architecture, autant que nous la puissions connaître par les très rares fragments qui nous sont parvenus, ne produit plus de très grands édi
fices : de très petites églises, des baptistères, qui témoignent d’une ignorance profonde de la technique romaine, sont les seuls monuments de pierre qu’on peut citer aujourd’hui.
Cette période architecturale se place dans ce que l’on appelle l’art pré-roman, s’étendant du début de l’ère chrétienne
à la période romane (c’est à dire jusque l’an 1000 selon les historiens). Il est certain qu’au début les églises des Gaules rappelaient par leur plan et leur décoration les basiliques romaines à couverture charpentée, et cela tout particulièrement à l’époque mérovingienne où les évêques gallo-romains, sans cesse en rapport avec la Ville Eternelle, en imitaient les monuments.
S’il ne demeure aujourd’hui que de rares vestiges des constructions élevées en Gaule du V ème au X ème siècles, c’est parce que la plupart ont été démolies de propos délibéré pour faire place aux édifices romans ou gothiques que nous admirons encore.
La décoration, à base de dessins géométriques, est très pauvre. Le remploi de matériaux antiques est fréquent et indique que les ouvriers étaient alors incapables d’imiter l’ouvrage de leurs prédécesseurs gallo-romains.
Cependant, les bâtiments en partie conservés, rendus au jour par des fouilles ou connus par d’anciennes descriptions, des dessins et des plans, sont plus nombreux qu’on ne le soupçonnait naguère. La connaissance de l’époque de la première fondation de beaucoup de basiliques et de monastères, quelques inscriptions, des textes nombreux et précis permettent de fixer avec une approximation suffisante la date d’une centaine d’entre eux.
Les indications chronologiques données par les documents de date ou d’authenticité douteuse ne doivent être acceptées qu’avec une extrême prudence, et l’on ne saurait retenir celles qui ne s’autorisent que de traditions orales fort incertaines.
A. LES CADRES DE L’EGLISE
1) Diocèses et paroisses
C’est au bas-Empire que remonte l’essentiel de l’organisation de l’Eglise, c’est-à-dire l’épiscopat et le diocèse d’une part, la paroisse rurale d’autre part. L’Eglise paléochrétienne a emprunté au Bas-Empire ses cadres administratifs et et sa hiérarchie : en principe, dans chaque cité, un évêque a été chargé de diriger le clergé et les fidèles, et l’évêque qui avait son siège dans la métropole de chaque province exerçait une prééminence sur les autres évêques de la circonscription. Ainsi, à quelques détails près, le cadre administratif de l’Eglise reproduisait celui de l’Empire Romain. Quand l’Empire s’effondra sous le coup des invasions, l’évêque et l’organisation diocésaine subsistèrent, sauf dans quelques régions-frontières.
L’autre cellule de base de l’organisation ecclésiastique fut la paroisse rurale. A l’origine, le diocèse constituait une paroisse unique qui était administrée par l’évêque et son clergé : tous les sacrements étaient donnés dans les sanctuaires qui formaient le groupe épiscopal. Les progrès de l’évangélisation du monde rural aux IV ème et V ème siècles eurent pour conséquence un démembrement du diocèse. A la demande et avec la collaboration des populations, les évêques furent amenés à créer dans les localités les plus importantes de leur diocèse, vici et forteresses collectives, de véritables succursales de l’église épiscopale qui achevèrent de se constituer avec leurs traits originaux au cours du VI ème siècle. Elles restaient sous la surveillance de l’évêque ; cependant chacune possédait son clergé dirigé souvent par un archiprêtre et habilité à distribuer la plupart des sacrements. Beaucoup de ces grandes paroisses et églises baptismales remontaient à l’époque paléochrétienne, mais de nouvelles créations eurent encore lieu au VI ème et au VII ème siècle : le nombre en resta cependant limité (15 à 40 par diocèse).
2) Les sanctuaires
Suivant les usages traditionnels, la liturgie publique se déroulait non dans un sanctuaire unique, mais dans un groupe d’au moins deux sanctuaires aménagés en fonction des besoins liturgiques. Le sanctuaire épiscopal ou paroissial, qui était destiné à la célébration du culte public, était doublé d’un baptistère, c’est à dire d’un édifice aménagé pour la célébration des baptêmes collectifs par immersion. Les catéchumènes jusqu’à leur baptême n’avaient pas accès à l’intérieur de l’église et ne pouvaient assister à la totalité de la célébration de la messe. C’est pourquoi ces baptistères étaient séparés de l’église proprement dite ou accolés à elle, en constituant un bâtiment distinct. Une piscine en occupait le centre, suffisamment grande pour recevoir un adulte, tandis que les galeries assuraient la circulation des fidèles : les baptêmes étaient, en effet, distribués aux seuls adultes, uniquement à l’occasion des grandes fêtes de l’année liturgique.
Le groupe épiscopal comprenait le plus souvent un troisième sanctuaire, également de plan basilical et élevé dans le voisinage du couple basilique-baptistère. Ces cathédrales doubles sont fréquentées dans tout l’occident dès l’époque paléochrétienne. La destination de la deuxième église a donné lieu à des discussions : ce sanctuaire était vraisemblablement plus spécialement réservé à l’évêque, qui y célébrait certaines cérémonies dont il avait conservé le monopole ; à certaines occasions ou du moins dans certains diocèses, des processions avaient lieu également entre ces sanctuaires et symbolisaient l’unité du groupe épiscopal.
Si l’on néglige les difficiles problèmes que soulèvent la date et le premier mode d’établissement des églises épiscopales dans les cités gallo-romaines, on peut dire qu’à l’époque mérovingienne, le nombre, les emplacements respectifs et les vocables des églises élevées auprès de la domus ecclesiae, résidence de l’évêque et de ses clercs, ne répondaient pas à des règles fixes mais à certains usages, communs à une grande partie de la Chrétienté, que l’on s’efforçait de suivre dans la mesure où le permettaient le site et les circonstances.
Au sud de la Loire et en Bourgogne, les trois édifices s’élèvent souvent du nord au sud parallèlement les uns aux autres (c’est le cas à Auxerre), tandis que dans la Gaule septentrionale, il semble que l’on ait préféré édifier les deux églises sur le même axe est-ouest et presqu
e dans le prolongement l’une de l’autre.
Les églises sont le plus souvent au nombre de trois : une église placée sous le vocable de la Vierge, le templum Baptisterii, toujours dédié à saint Jean après le V ème siècle, et une autre église qui a pour vocable le plus fréquent Saint-Etienne ou les Apôtres (il en était encore ainsi à Auxerre au XVIII ème siècle).
Le premier de ces usages est fort ancien et il n’est point particulier à la Gaule. Les vers composés en 403 par Paulin de Nole pour décorer les deux basiliques et le baptistère que Sulpice Sévère venait de construire dans une cité d’Aquitaine, indiquent que les deux églises étaient parallèles et que le baptistère s’élevait entre elles.
L’église dédiée à la Vierge est presque toujours située dans le voisinage immédiat de la demeure de l’évêque et du baptistère.
A l’époque mérovingienne, l’évêque pouvait avoir un oratoire particulier, mais il devait administrer les sacrements qui lui étaient alors réservés dans sa propre église et dans le baptistère voisin. L’autre église, dédiée aux Apôtres, au premier Martyr, ou à un saint, servait au culte paroissial.
Dès la fin de l’époque mérovingienne, on constate une tendance à réunir les lieux du culte jusqu’alors distincts et isolés les uns des autres, ou, plus exactement, à les juxtaposer dans une vaste construction qui permettra de donner un déploiement jusqu’alors inconnu aux cérémonies liturgiques.
Suivant les lieux et les circonstances, c’est tantôt l’église des fidèles, tantôt l’église de l’évêque qui a été agrandie aux dépens de l’autre ou qui a seule survécu.
3) Les églises monastiques
Pendant le haut moyen âge, l’église épiscopale se composait alors de plusieurs basiliques, tandis que les bâtiments de chaque monastère se groupaient autour de deux ou trois grandes églises et de nombreux oratoires.
Le monachisme est né en Orient et il demeura assez longtemps ignoré en Occident. Introduit en Gaule dans la seconde moitié du IV ème siècle, ses progrès y furent d’abord très lents, mais après la fondation de l’abbaye de Luxeuil par l’Irlandais Colomban (599), il connut un brusque et prodigieux succès.
Petite parenthèse sur saint Colomban :
Saint Colomban, moine irlandais, s’installa sur le continent au début du dernier quart du VI ème siècle. Malgré ses démêlés avec l’épiscopat et surtout avec le roi d’Austrasie, Thierry, qui l’obligèrent à plusieurs reprises à changer de résidence, saint Colomban exerça, ainsi que ses disciples, une influence considérable. Cela se perçoit dans la fondation, principalement dans la Gaule septentrionale, d’un grand nombre de monastères d’origine colombanienne (Luxeuil, Faremoutiers, Jouarre, et d’autres).
En l’espace d’environ cinquante ans, près de 200 monastères furent édifiés dans les régions situées au nord, à l’est et même au sud de la Loire, établissements bientôt pourvus d’immenses domaines,et qui allaient exercer une influence profonde non seulement sur la vie spirituelle de la Gaule septentrionale, mais sur la civilisation matérielle et sur son art.
Les bâtiments claustraux de cette époque étaient déjà disposés comme ils le seront, beaucoup plus tard, dans les abbayes fondées au XI ème ou au XII ème siècle. A Chelles ou à Jouarre, l’église occidentale était accompagnée d’une sorte de cloître, plus petit que le cloître de l’église orientale. Souvent une église spéciale était réservée aux sépultures (c’est encore le cas de Jouarre, mais aussi de Chelles, de Saint-Bertin, de Saint-Ouen de Rouen). Etablis tantôt en campagne (Jouarre), tantôt auprès d’un ancien palais royal (Chelles), tantôt dans une ville (Notre-Dame de Soissons), agrandis, reconstruits ou même transférés dans un lieu voisin très peu de temps après leur fondation (Remiremont), les monastères du VII ème siècle avaient des plans aussi divers que l’était leur histoire même, mais tous possédaient au moins deux églises.
B. CARACTERISTIQUES ARCHITECTURALES
1) Les églises épiscopales
La messe était célébrée dans un édifice de plan basilical, qui se composait d’une grande salle rectangulaire couverte de charpentes, subdivisée longitudinalement par des colonnades en trois ou cinq nefs, terminées à une de ses extrémités par une abside voûtée abritant l’autel et le banc presbytéral, précédée souvent du côté opposé par un atrium entouré de portiques; la présence ou l’absence de transepts et d’annexes flanquant le coeur apportaient des variantes, sans modifier profondément le plan général ; des balustrades ou chancels séparaient, à l’intérieur de la basilique, la partie où se tenaient les fidèles de celle qui était réservée au clergé. Le groupe épiscopal comprenait le plus souvent un troisième sanctuaire, également de plan basilical.
Evolution du plan basilical du IV ème au VIII ème siècle
En Gaule, la grande basilique couverte de charpente, à une seule abside, apparaît dès le IV ème ou le V ème siècle, la basilique à transept au moins dès le V ème siècle, la basilique à trois absides dès le VI ème siècle, les oratoires voûtés de plan basilical à une ou trois absides, dès le V ème et le VI ème siècle.
Toutefois, il ne semble pas que l’on puisse attribuer aux architectes de l’époque mérovingienne aucune innovation qui ait eu pour résultat d’apporter de profondes modifications à l’antique plan basilical.
2) les Baptistères
C’est Rome qui conserve le plus ancien exemple d’un baptistère à plan central. Des fondations de cette rotonde primitive sont encore visibles, mais l’édifice a été entièrement refait au V ème siècle par le pape Sixte III. Malgré les transformations ultérieures, ce monument vénérable, ancêtre de tant de baptistères octogonaux en Italie, garde son allure antique.
Ce sanctuaire, appelé baptistère, était placé sous le vocable de saint Jean-Baptiste, et était construit sur plan centré et couvert de voûtes.
Des baptistères furent édifiés de bonne heure en Gaule. Quand Saint Avit fut mis à la tête de l’église de Vienne, vers 490, le baptistère de cette ville était déjà si ancien que ses murs crevassés menaçaient ruine. Il fut nécessaire de le reconstruire. Dans une homélie, il écrit qu’ “il était construit en partie de briques et orné de mosaïques, surmonté, comme l’ancien, d’un étage, sa tour centrale et ses étages étant couverts de plaques de métal étincelantes comme l’or”.
On ignore jusqu’à l’emplacement de ces baptistères. Ceux dont on a retrouvé les fondations ou qui demeurent encore à Marseille, à Fréjus, à Aix, à Riez, à Venasque, à Mélas, à Valence et à Poitiers ne peuvent être datés avec précision, mais l’histoire de ces cités permet de fixer, très approximativement, l’époque de leur construction.
Marseille 314-614 Riez 439-650 Fréjus 374-636 Venasque 541-650 Aix 412-596
3) les Cryptes
A en croire les manuels, les basiliques mérovingiennes auraient eu des cryptes assez semblables à celles de nos églises romanes. L’apparence archaïque de la plupart des constructions souterraines, le mystère de la pénombre qui y règne, les très anciens tombeaux que l’on y vénère et les pieuses légendes qui entourent leurs origines ont contribué à faire naître cette croyance.
Dans l’antiquité, on employait le mot crypta pour désigner parfois un passage ou un lieu souterrain, et, plus ordinairement, une construction élevée au-dessus du sol, couverte d’une voûte et obscure. C’est ainsi que Sidoine Apollinaire nomme cryptae les écuries d’un cirque, et que jusqu’au IX ème siècle, et même au-delà, on ne désignera pas autrement le porche voûté d’une église.
Grégoire de Tours conte avec détail comment on transformait en basilique les monuments de sépulture qui abritaient la tombe d’un saint particulièrement vénéré : après avoir restauré les voûtes, on élevait au-dessus une basilique.
Un large déambulatoire coudé permettait aux pèlerins, les jours de fête, de circuler d’une façon ininterrompue et aisée autour de la confession, que l’on nomme le “Saint des Saints”.
4) La décoration
Quand un poète ou un annaliste du Moyen âge décrit l’une de nos églises disparues, il use presque invariablement d’épithètes qui évoquent un décor éclatant. Point de basilique qui ne soit Ualors splendens, rutilans, nitens, micans, radians, coruscans.
On a trop aisément accusé de mensonges ces pieux auteurs ou supposé que les murs des édifices qu’ils avaient sous les yeux n’étaient revêtus que d’ornements barbares.
Pendant longtemps, l’église épiscopale fut à peu près le seul édifice public de la cité. Les rois, les grands et des foules innombrables de pèlerins enrichissaient de leurs offrandes le trésor des basiliques élevées sur la tombe d’un saint réputé.
On note l’emploi de mosaïques de verre dès le IV ème siècle en Gaule, mais aussi l’existence de pavements de marbre et de peintures murales (Grégoire de Tours raconte que “la femme de l’évêque de Clermont Namatius fit bâtir hors des murs de la ville la basilique de Saint-Etienne, et comme elle voulait l’orner de peintures, elle tenait un livre sur ses genoux, lisant l’histoire des temps passés pour indiquer aux peintres ce qu’ils devaient représenter sur les murs”).
C. DESCRIPTION DE QUELQUES SITES :
1) Jouarre
- description du plan :
Les premiers monastères d’Occident bâtis à l’exemple de l’Orient semblent dater de la deuxième moitié du IV ème siècle. En Gaule, on en construit beaucoup pendant le VII ème siècle, mais toujours sur l’exemple oriental. Celui de Jouarre fut fondé en 630. Le plan ci-joint donne les bâtiments et les églises au XVIII ème siècle et le relevé des fouilles de l’église funéraire Saint-Paul faites en 1869-1870. Le cloître principal est contre l’église Notre-Dame, réservée à l’usage monastique ; l’église Saint-Pierre servait de lieu de culte paroissial. Enfin, à l’extrémité du cimetière, furent construites les célèbres cryptes à la fin du VII ème siècle. Elles comportent au nord-est un oratoire dédié à Saint-Paul, premier moine et ermite d’Egypte, et, au sud-est, un peu plus tard, fut édifié la crypte dédiée à saint Ebrégésile. Dans Saint-Paul se trouvent les tombes du fondateur, des trois premières abbesses et d’Agilbert, évêque de Paris ; dans Saint-Ebrégésile se trouve la tombe de ce dernier, évêque de Meaux, cousin du précédent. Les cryptes sont formées de deux parties distinctes (figure ci-jointe) ; au nord, un oratoire dédié à sain Paul ermite abritant les tombeaux du fondateur (n°11), des trois premières abbesses (n°7,8 et 9) et d’Agilbert, évêque de Paris (n°12) ; au sud, un autre oratoire, où reposait le sarcophage de l’évêque Ebrégésile (n°VII).
- histoire et description du monastère :
Le monastère de Jouarre, comme tant d’autres fondations colombanistes du même temps, demeura longtemps une sorte de bien de famille groupant autour de deux églises voisines une communauté d’hommes et une communauté de femmes. Théodechilde, nièce du fondateur et première abbesse, vivait encore en 662. Agilbert, évêque de Paris de 667 à 680, frère de Théodechilde, se retira à Jouarre où il mourut à une date inconnue. L’église cimetériale qui était terminée par ces deux cryptes, où les sarcophages étaient soigneusement orientés, faisait vingt mètres de long. Le sol primitif était au même niveau que celui des cryptes, puis il fut de plus en plus exhaussé pour supporter les trois étages de sarcophages qu’on y empila. On retrouva, placés sur le carrelage inférieur, des sarcophages de pierre décorés de stries. L’étage immédiatement supérieur était formé de sarcophages de plâtre aux ornements moulés.
- La crypte funéraire Saint-Paul :
La crypte funéraire Saint-Paul de Jouarre, selon toute vraisemblance, avait à l’origine trois berceaux reposant sur des architraves de pierre supportées elles-même par des colonne. Dans la confession centrale – le “Saint des Saints” – de cette même crypte, des architraves de chêne, portées par des colonnes, servent de point d’appui à la voûte en plein cintre. La similitude d’autres constructions du même type semblent indiquer que depuis le V ème siècle jusqu’au temps de Charles le Chauve, la tradition de la construction voûtée est demeurée en Gaule aussi vivante que les textes le donnent à croire.
A la différence des autres sépultures de la crypte, le tombeau sculpté de Théodechilde n’est qu’un cénotaphe surmontant le véritable sarcophage, dissimulé dans la maçonnerie de l’estrade. Cette circonstance et l’épithète de beata (bienheureuse) donnée à l’abbesse dans l’inscription, donne à penser que l’on accorda les honneurs le l’elevatio à la première abbesse de Jouarre. Son nom fut donc l’objet d’un culte assidu. Tout ceci montre l’importance des enterrements dans une église et montre que cet usage est désormais passé dans les moeurs.
Ce petit oratoire, que nous montre la photographie, contre l’église funéraire Saint-Paul est remarquable par la régularité du plan et la qualité de l’appareil reprenant, dans un souci décoratif surprenant, l’opus reticulatum gallo-romain (alternance de pierres taillées en carré, octogone et losange, se succédant à la surface du mur sur trois zones).
Six colonnes soutiennent la retombée des voûtes d’arêtes par l’intermédiaire de très beaux chapiteaux, d’un art achevé : mêlant des éléments antiques (acanthes, oves, cannelures, anses) à des motifs nouveaux (rosaces, chevrons, feuilles stylisées), ces oeuvres témoignent d’une renaissance de la sculpture sur pierre, attestée encore par le décor des sarcophages.
Celui de l’abbesse Théodechilde est orné sobrement de deux rangées de coquilles (que l’on aperçoit sur l’image) symbolisant les lampes des vierges fidèles, séparées par une longue inscription en beaux caractères ; il suffit qu’un rayon de soleil vienne toucher la pierre des parois pour qu’aussitôt une lumière semble jaillir des conques comme la flamme toujours vivante des lampes de la parabole. Des scènes figurées couvrent les parois de la tombe de son frère, l’évêque Agilbert. L’image du Christ en Gloire, entouré par les symboles des Evangélistes et celle du Christ-Juge acclamé par la foule des Justes transforment les modèles antiques et annoncent le retour à un nouvel humanisme.
Des mausolées analogues à celui de Jouarre furent sans doute édifiés en assez grand nombre à la fin de l’époque mérovingienne. Celui où fut déposé le corps de la reine Bathilde en 658 s’élevait à l’est de la petite église Sainte-Croix de Chelles et la “crypte” édifiée en 677 auprès de l’église Saint-Etienne de l’abbaye de Saint-Amand était, comme celle de Jouarre, un bâtiment en hors d’oeuvre dont les voûtes supportaient directement une toiture.
2) Auxerre
- Description du plan :
Le plan d’Auxerre, qui est représenté ici, date de 1713. La partie en noir de la cathédrale Saint-Etienne constitue le plan de la crypte terminée vers 1030. Le reste du plan donne les constructions qui subsistaient au XI ème siècle. On remarquera que toutes les églises sont orientés et parallèles.
Saint-Clément ne date pas de l’époque mérovingienne, mais Saint-Etienne est la deuxième cathédrale d’Auxerre dédiée, comme très souvent, au premier martyr et inaugurée par l’évêque Amator au début du V ème siècle. On supprimait ainsi la première cathédrale consacrée à saint Pèlerin et située en dehors de l’enceinte du III ème siècle.
La deuxième église, Saint-Jean-le-Rond, est, comme son nom l’indique, un baptistère dédié à Saint Jean-Baptiste.
La troisième, dédiée à Notre-Dame, semble avoir été plus importante à l’époque mérovingienne que Saint-Etienne car un texte carolingien précise “que l’on disait qu’elle avait la primauté à l’intérieur de la cité”. C’est donc la preuve que l’on a choisi plus tard d’agrandir Saint-Etienne et d’en faire l’unique église cathédrale, plutôt que Notre-Dame.
L’évêque réservait donc l’église Notre-Dame à son clergé, et l’autre église au culte paroissial.
- basilique Saint-Germain :
On peut signaler à Auxerre l’importance de la basilique Saint-Germain, construite extra muros par saint Germain lui-même, qu’il avait consacré aux saints martyrs d’Agaune.
Saint-Germain d’Auxerre (493-545)
Saint Germain mourut à Ravenne en 448. Son corps fut dép
osé dans un petit oratoire que le saint avait fait construire sur un domaine de famille, non loin de l’église épiscopale. La reine Clotilde, à une date non précisée mais qui se place nécessairement entre l’année de sa venue en Gaule et celle de sa mort, 493 et 545, fit remplacer l’oratoire par une basilique. Celle-ci existait encore au IX ème siècle.
Héric, moine de Saint-Germain d’Auxerre, en vante alors les vastes proportions et la magnificence. Il cite l’épitaphe, gravée sur le marbre, de l’évêque Loup, faisant connaître que ce prélat vint à Auxerre en même temps que la reine Clotilde “lorsque celle-ci faisait construire la basilique de Saint-Germain”. Il décrit aussi le très beau monument, aux ornements d’or et d’argent, qui avait été élevé sur le tombeau du saint par l’évêque Didier (604-622) aux frais du roi Clotaire II, ainsi que l’attestait une inscription.
La basilique mérovingienne semble avoir subsisté jusqu’à l’incendie qui détruisit une partie du monastère à la fin du IX ème siècle. On sait qu’elle mesurait environ 50 mètres de longueur, puisque les constructions qui furent élevées immédiatement à l’est et à l’ouest, entre les années 841 et 865 sont exactement connues ; mais nous ignorons ses dispositions.
Il n’en demeure plus qu’un seul vestige, fort précieux : c’est une dalle de pierre dure, sculptée en bas-relief d’une croix inscrite dans un cercle de 58 cm. de diamètre, qui a été scellée au XVII ème siècle à la partie inférieure d’une niche percée dans le mur sud-est du déambulatoire des cryptes. Elle avait été découverte en 1630 avec un certain nombre de reliques de saint Germain à l’intérieur du maître-autel de l’église haute, reliques qui avaient déjà été reconnues en 1120 et 1277.
Comme la haste de la croix se termine par un rhô grec, et que, d’après les monuments datés, l’usage de cette représentation de la croix monogrammatique apparaît en Gaule vers 400 pour en disparaître complètement aux environs de l’année 540, on peut affirmer que le bas-relief a appartenu à la basilique de Clotilde. Le soin avec lequel il fut conservé semble indiquer qu’il provient du plus ancien monument élevé sur la tombe même de saint Germain.
Saint-Germain d’Auxerre (841-865)
Vers le milieu du IX ème siècle, par le soins du comte Conrad, oncle de Charles le Chauve, la vieille basilique édifiée par la reine Clotilde fut agrandie par l’adjonction de cryptes à l’est et d’une avant-nef à l’ouest. Plusieurs textes contemporains fournissent des renseignements détaillés sur cette construction et permette d’en connaître avec précision les dates extrêmes.
Le 1er septembre 841, on retira le corps de saint Germain du lieu où il avait jusqu’alors reposé et ce fut immédiatement après que l’on dut commencer de construire à l’est de l’église “l’admirable ensemble des cryptes”.
La crypte de Saint-Etienne, dont on a retrouvé les peintures murales et qui est située au nord-ouest du conditorium ou Saint des Saints , était terminée avant 857 puisque l’évêque Héribald (829-857) avait décoré son autel d’une table d’argent et qu’il put y être enseveli après sa mort.
La déposition solennelle du corps de saint Germain dans le condiciorum , faite le 6 janvier 860, en présence de Charles le Chauve, marque l’achèvement des “cryptes inférieures” qui existent encore en partie. Enfin, le 20 mai 865, Chrétien, évêque d’Auxerre, et Archenraus, évêque de Châlons, consacrèrent l’oratoire Saint-Jean-Baptiste, à l’ouest de l’avant-nef récemment édifiée, ainsi que le sanctuaire, construction voûtée où l’on avait transporté le maître-autel de l’église. Dans l’avant-nef, des ex-voto de mosaïques furent placés sur les murs en souvenir des miracles dus à saint Germain.
* basilique Saint-Etienne :
Saint-Etienne d’Auxerre 849-887
A Auxerre, l’église épiscopale de Saint-Etienne s’élevait au sud du baptistère et de l’église Notre-Dame.
C’était au début du IX ème siècle un très vieil édifice dont l’évêque Héribald (849-857) restaura les murs et les plafonds, et quil orna de vitraux et de peintures. Abbon (857-860) commença d’élever à l’ouest de l’église une tour qui fut achevée par son successeur, l’évêque Chrétien, mort en 873. Le premier étage de cette tour formait tribune au-dessus de la première travée de la nef. L’évêque Wibald (879-887) consacra au rez-de-chaussée un autel dédié à saint Grégoire et dans la tribune un second autel dédié à la Sainte-Croix. On les désignait au IX ème siècle sous le nom d’ “autels des cryptes”, indication précieuse qui montre que le rez-de-chaussée et la tribune de la tour étaient voûtées.
Saint-Etienne d’Auxerre 918-961
Au temps de l’évêque Hérifrid (887-909), un incendie détruisit en grande partie l’évêché et ses églises. Gualdric (918-933) entreprit de grands travaux pour les remettre en état. Il apporta notamment de curieuses modifications à la tour qui avait été édifiée à l’ouest de l’église Saint-Etienne entre les années 857 et 887.
Au Nord et au sud de la chapelle Sainte-Croix, établie dans la tribune de la tour, il fit construire des étages pour servir de dépendances au logis épiscopal. Au rez-de-chaussée, le mur ouest de la chapelle située sous la tribune fut percé de portes et on édifia en avant un porche. Ce porche, quelques années plus tard, fut recouvert de voûtes par l’évêque Gui (933-961), qui fit décorer celles-ci de peintures représentant le Paradis et l’Enfer.
Gui agrandit aussi le coeur de l’église. Au-dessus de l’emplacement du maître-autel, à l’ouest de l’entrée du sanctuaire, il fit élever un nouvel arc. Après que l’on eut percé les murs latéraux, on construisit de chaque côté des oratoires disposés de manière à donner à l’église la forme d’une croix. Sous chacun de ces oratoires, il y avait une crypte abritant un autel.
3) Tours
- la cathédrale :
La première église dans la cité a été la cathédrale, ecclesia, construite au milieu du IV ème siècle par le second évêque de Tours, saint Lidoire ou Litorius. C’est là qu’officie saint Martin, son successeur. Grégoire de Tours nous apprend que les reliques de saint Maurice et de ses compagnons avaient été autrefois déposées dans cette cathédrale. La cathédrale possédait aussi des reliques de saint Gervais et de saint Protais ; l’évêque Eustochius, au V ème siècle, en prélèvera une partie pour consacrer la deuxième église épiscopale à saint Gervais et à saint Protais.
Eufronius (mort en 573) répare deux églises de la cité, Saint-Gervais-et-Saint-Protais et Sainte-Marie, mais laisse en ruines la plus ancienne. Grégoire reconstruit cette cathédrale primitive restée en ruines depuis l’incendie de 558, plus grande, plus haute, et la consacre en 590. Au VIII ème siècle, la cathédrale avait pris le vocable de Saint-Maurice, puis reconstruite au même emplacement aux XII ème et XIII ème siècles, elle n’a gardé aucun souvenir des temps mérovingiens. Elle est consacrée depuis 1357 au premier évêque de Tours, saint Gatien ; on y a alors affecté ses reliques, quoiqu’il n’y ait jamais officié.
- “domus ecclesiae” et son oratoire (et ses légendes…):
L’année même de son épiscopat, en 573-574, Grégoire convertit en oratoire une salle de la domus ecclesiae, petite, mais fort élégante. Il l’arrange rapidement et y place, selon l’usage, un autel qu’il consacre après avoir célébré les vigiles de saint Martin. Il prend à Saint-Martin des reliques de saint Martin lui-même, de saint Julien, de saint Saturnin et de saint Allyre, et, entouré de prêtres, de lévites en blanc et d’un brillant cortège des citoyens les plus honorables
de la ville, suivis d’une grande foule, Grégoire porte, au milieu de l’éclat des flambeaux et des croix, les reliques sacro-saintes, entourées d’étoffes et de parfums, et arrive ainsi à la porte de l’oratoire ; au moment d’entrer, un éclair terrible emplit soudain d’une terreur sainte ceux qui se trouvent dans la salle. Ce sont ces reliques illustrent qui manifestent la gloire de Dieu pour la consécration de l’oratoire !
Longtemps après la dédicace, un abbé conseille à Grégoire de vérifier l’état des reliques, vu l’humidité du nouveau sanctuaire. Il doit en effet les retirer de l’autel pour les faire sécher devant le feu avant de les remettre chacune dans le linge qui les enveloppait ; le fil qui reliait les reliques de saint Allyre se casse, elles tombent dans le feu, mais, miraculeusement, ne sont pas brûlées !
Dans son village près de Tours, Grégoire, n’ayant pas trouvé de reliques dans le loculus de l’autel qu’il avait déplacé pour agrandir un oratoire consacré à Saint-Etienne, envoie un de ses abbés chercher des reliques de saint Etienne dans l’oratoire de la domus ecclesiae, oubliant de lui donner la clé de la châsse fermée. Il hésite à l’emporter. Miraculeusement, la châsse s’ouvre et l’abbé peut rapporter à Grégoire les reliques nécessaires à la consécration. Grégoire, rentré à Tours bien des jours après, trouve la châsse à nouveau fermée.
Enfin, on trouvait aussi dans cet oratoire de Tours le pallium qui avait enveloppé la vraie croix.
- cellule de saint Martin contigu‘ à la cathédrale :
La cellule où saint Martin avait d’abord habité en temps qu’évêque, avant de lui préférer la tranquillité du monastère de Marmoutier, était contigu‘ à la cathédrale, comme la plupart des premières domus ecclesiae. Grégoire, après avoir déposé les reliques de saint Maurice et d’autres saints à la cathédrale, a porté dans cette cellule des reliques de saint Côme et de saint Damien.
- Baptistère Saint-Jean près de Saint-Martin :
A Tours comme à Clermont
Y, le baptistère se trouvait extra muros, près de la basilique épiscopale, et non près de la cathédrale. Le premier avait sans doute été élevé par Perpetuus, en même temps que Saint-Martin. Grégoire dit qu’il fit construire un baptistère où il a déposé des reliques de saint Jean et de saint Serge.
- Saint-Lidoire :
Saint Lidoire était un habitant de Tours. Ce fut lui qui a fondé la première cathédrale intra muros et qui établit extra muros dans la maison d’un sénateur la première basilique funéraire où il est enterré. Cette basilique garda une grande importance avant que la grande basilique de Saint-Martin ne l’emporte ( c’est dans cette-dernière que sont enterrés tous les évêques de Tours depuis saint Martin).
CONCLUSION :
Nous savons donc que les premières cathédrales (ou plus précisément les premières églises appelées plus tard cathédrales) furent d’abord construites dans les faubourgs des villes, avec un baptistère et un cimetière établi souvent le long d’une route. Autour de l’église-mère, on édifia des petites basiliques funéraires, parfois des petits monastères. Tout ceci avait lieu, à l’exemple des chrétientés de la partie orientale de l’Empire romain. En effet, le plan adopté était celui de la basilique rectangulaire à trois nefs avec abside, et l’édifice était tourné vers l’est. Puis, vers le IV ème ou le V ème siècle, le groupe cathédral se transporta à l’intérieur de la citadelle, très souvent dans un angle de la fortification. Les sanctuaires sont alors plus grands et mieux bâtis. Comme il y eu plusieurs reconstructions de cathédrales, à l’époque carolingienne, à l’époque romane et à l’époque gothique, aucun monument ne subsiste aujourd’hui en Occident avec cette ordonnance ancienne.
Une seule exception vaut la peine d’être signalée. En Catalogne, le groupe épiscopal de la petite ville d’Egara a subsisté, plus ou moins remanié.
Des dix sanctuaires existant au début du VII ème siècle, il ne reste que Sainte-Marie, Saint-Pierre et Saint-Michel. Ces trois édifices sont parallèles et orientés. Il en était de même en Asie Mineure, en Illyrie, à Salone au V ème siècle, à Grado en Italie du Nord, etc. Pour savoir s’il en fut de même en Gaule mérovingienne, on peut interroger les patronages subsistant dans une cathédrale ou plutôt, mieux encore, s’adresser aux plus anciens plans : c’est ce que nous avons donc fait pour le cas d’Auxerre.
,Pourquoi les monuments antérieurs au XI ème siècle sont-ils si rares ? Les raisons en sont d’abord les invasions et les pillages des Normands, puis les guerres féodales qu’enraya Charlemagne, enfin l’incendie qui a lui seul détruisit, en 997, Saint-Martin de Tours et 22 autres églises.
Pour remédier à de tels désastres, les architectes résolurent de voûter leurs édifices : c’est le début de la floraison des églises romanes qui couvriront la France ; mais cette période sera peut-être l’objet d’un autre exposé… dans quelques années par exemple (?) !
Notes de bas de page, mal passées dans le transfert de Mac à PC :
v Ouvrages cités à titre indicatif ; leur seule lecture ne pourrait contribuer à une parfaite connaissance du sujet.
# C’est à dire l’art paléochrétien
o Ces cours bordées de portiques étaient fréquentes, situées devant la façade de certaines églises primitives.
G c’est à dire brillante,éclatante, luisante, étincelante, rayonnante.
(Historia Francorum, II, 17)
N parties inférieure d’un entablement, reposant directement sur les supports.
J Monument élevé à la mémoire d’un mort et qui ne contient pas son corps.
x ornement d’architecture imité de la feuille de la plante du même nom et très caractéristique du chapiteau corinthien.
\ ornement architectural en relief, en forme d’oeuf, employé en nombre le long d’une ligne.
_ moulure verticale ou en hélice creusée sur le fût d’une colonne, le plat d’un pilastre, etc.
“Ce sépulcre recouvre les derniers restes de la bienheureuse Théodechilde. Vierge sans tache, de noble race [genere nobilis], étincelante de mérites, zélée dans ses moeurs, elle brûlait pour le dogme vivifiant. Mère de ce monastère, elle apprit à ses filles consacrées au Seigneur à courir vers le Christ leur époux, comme les vierges sages, avec leurs lampes garnies d’huile. Morte, elle exulte finalement dans le triomphe au Paradis” (cité par Stéphane Lebecq, dans Les origines franques, p.166).
t saint Gatien fut un des sept évangélisateurs envoyés de Rome en Gaule, sous l’empereur Decius, au III ème siècle.
8 nom du saint donné en patron à une église ou un autel
- + -
Jean-Roch Masson ©1997
jrmasson@nordnet.fr
http://jrmasson.free.fr/index.php?page=archit
Pas encore de commentaire.